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LE PEINTRE Jean Perreal dit "Jehan de Paris" ou "le Maître de Moulins" ? |
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Ces tapisseries n'ont pas été tissées à Aubusson, ni sur les bords de la Loire, ni à Paris. Le seul endroit de tissage plausible est Bruxelles. Il faut que l'artiste ait connu plus ou moins Mary d'Angleterre. Même si sur cette tapisserie on ne peut parler à proprement de portraits pour la représentation de la Dame et de la Dame de Compagnie, l'exécution picturale qui en a été faite avant le tissage a exigé pour leur auteur une extrême connaissance de ces personnes. Il en est de même pour les Lions. Il était impossible de leur donner la morphologie exacte sans au moins avoir rencontré une fois le personnage vivant ou avoir été mis en présence de son portrait. Il était aussi nécessaire que cet artiste fût un homme discret, de confiance. Si Antoine Le Viste se donnait la peine de dissimuler de tels secrets dans des uvres qu'il pouvait difficilement soustraire à la vue de ses proches ou d'un visiteur et sur lesquelles on pouvait s'interroger, il fallait entretenir une parfaite connivence avec l'auteur des maquettes. Cet artiste devait donc être très lié avec Antoine. En outre, lui aussi avait dû éprouver quelques ressentiments personnels à l'encontre de la nouvelle branche régnante. Parmi les artistes de ce temps qui auraient pu remplir ces obligations, il n'en est qu'un seul possible : Jean Perréal. |
La Vierge et l'enfant Jésus "Le Maître de Moulins"
Portraits d'un homme (Marin de la Chesnaye ?) et d'une femme par "Le Maître de Moulins" |
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Miniature illustrant le poème écrit en 1516 par Jean Perréal "la complainte de nature à
l'alchimiste errant"
Pierre II - Duc de Bourbon (1439 - 1503) présenté par Saint Pierre |
Jean Perréal était un peintre français de l'entourage royal. Les maquettes de ces tapisseries sont incontestablement de la main d'un peintre français de l'entourage royal. Jean Perréal est né en 1450 et il est mort vers 1528 ou 1530, à l'âge de soixante-dix-huit ou quatre-vingts ans. Les premières maquettes de la Dame à la Licorne ont été commencées treize ou quinze années avant sa mort, laps de temps grandement suffisant pour mener à bien cette entreprise, même si certaines de ces tapisseries aient pu encore se trouver sur les métiers à tisser après sa mort. Cet artiste correspond également exactement au créneau d'âge souhaitable pour être l'auteur de ce travail. Un homme jeune, ou dans la force de l'âge, n'aurait peut-être pas accepté (et eût été moins digne de confiance de la part du commanditaire) le risque de gâcher son avenir en participant à une entreprise "subversive". Ce qui fait le charme de ces tapisseries, outre leur beauté et leur mystère, est le fait qu'elles sont incontestablement l'uvre d'un peintre miniaturiste. Or, Jean Perréal a été un peintre miniaturiste. Placer sur les panneaux des orangers et des pins maritimes, avec des arbres de chez nous en bouquets isolés et distincts, vient de la peinture italienne. Les vêtements des Dames ont un caractère italianiste : le peintre a visité l'Italie. Jean Perréal a fait trois voyages en Italie avec les armées de Charles VIII et de Louis XII, il y a même choisi les marbres du monument funéraire de François II de Bretagne sculpté par Michel Colombes. Jean Perréal connaissait bien Mary d'Angleterre. Il avait été envoyé outre-Manche pour en faire le portrait afin que Louis XII connût sa future épouse. Il y était retourné faire le portrait d'Henry VIII et celui-ci voulait se l'attacher comme il fit plus tard pour le peintre Holbein. Seul le mauvais climat de l'Angleterre dissuada Jean Perréal de servir ce nouveau maître. C'est aussi Jean Perréal qui organisa toutes les fêtes du mariage de Mary et de Louis XII. Toutes les fleurettes des fonds de panneaux ont leurs tiges non coupées mais arrachées, détail qui révèle que le peintre était un organisateur des Entrées des Villes. A l'entrée des souverains ou des gens très importants dans les villes, on jetait sur le sol des fleurs ou des petits branchages qu'on dédoublait à la main en séparant les tiges les unes des autres. Jean Perréal avait toute liberté pour se déplacer dans l'Etat de la Bourgogne du Nord dont la capitale était Bruxelles, afin d'y surveiller de temps à autre le tissage des tentures. |
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Jean Perréal était le peintre le plus en vogue de son époque mais on ne connaît de lui que très peu d'uvres. Il est impossible qu'un homme aussi célèbre en son temps n'ait pas laissé des traces d'une uvre artistique sous le couvert de peintures religieuses. Jean Perréal toujours à court d'argent se vante dans une lettre à Marguerite d'Autriche de ce passé artistique.
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Madeleine de Bourgogne présentée par Sainte Madeleine "Le Maître de Moulins"
Francis de Chateaubriand présenté par Saint Maurice "Le Maître de Moulins" |