LE TOUCHER

Athéna

Cette tapisserie apparaît différente des cinq autres tapisseries.

La Dame à la Licorne y est plus grande, plus noble, plus altière. Elle tient dans une main une lance ou un étendard, ce qu'elle ne fait nulle part ailleurs, laissant ce soin aux animaux tenants d'armoiries. Elle a une chevelure opulente, longue, toute en ondulations. Elle a les yeux étranges, anormalement agrandis. Son nez est busqué et morphologiquement parlant, son visage ne peut être rapproché des autres visages de la Dame. Ses vêtements sont plus richement ornés d'or, sa robe est doublée d'hermine ; elle porte un diadème.

La Licorne n'a pas les mêmes oreilles que les autres licornes. Son corps n'est pas lisse et souple, mais couvert de poils. Ce n'est pas un cheval comme le veut la tradition. Le Lion est anormalement velu. Il a les yeux exorbités, la mâchoire ouverte et pendante, l'air souffreteux. Sa tête s'avère laide. Tous les animaux sont entravés ou portent des colliers de contrainte, alors qu'ils sont libres sur les autres pièces : ils symbolisent la défaite de Pavie : François 1er prisonnier, puis ses deux enfants, François le Dauphin et son jeune frère Henry (le futur Henry II) que le roi de France avait livrés, avec une certaine veulerie, à Charles Quint, afin d'obtenir pour lui-même sa liberté.

Tous ces détails permettent, au second degré, de reconstituer la véritable histoire qui est inscrite dans ce panneau. Cette tapisserie du "Toucher" n'a pas pu être conçue avant l'année 1525, date de la défaite de François 1er à Pavie. Cette tapisserie relate le conflit entre François 1er d'un côté, Henry VIII, Charles-Quint et le Connétable de Bourbon de l'autre.

 


Athéna

par Phidias

Mary, grande, mince, majestueuse, femme "virile", se dresse fièrement sur son île. Jamais la Dame n'a été représentée aussi grande, fière et majestueuse. Ses magnifiques cheveux blonds tombent sur ses reins. L'auteur des maquettes, de connivence avec Antoine LE VISTE, a magnifié Mary en déesse guerrière.

Mary, symbolisée en Athéna, est très grande sur cette tapisserie ; la plupart des statues grecques d'Athéna étaient de grandes statues, parfois même des statues géantes : celle d'Athéna sculptée par Phidias, dans l'Hécatompédon du Parthénon était haute de 12 mètres.

Mary a les yeux agrandis et fixes : Athéna foudroyait ses ennemis du regard. C'était la déesse aux yeux pers. Homère ne cesse pas de le rappeler tout au long de l'Illiade et de l'Odyssée. Mary a de très beaux cheveux longs, serpentaires : Athéna était parfois appelée la déesse à l'opulente chevelure. Cette forme de coiffure en escaliers est typique de la statuaire grecque et particulièrement des statues d'Athéna. La robe de Mary est, comparativement aux autres tapisseries, très ouvragée d'or et doublée d'hermine : la statue d'Athéna sculptée par Phidias, et pour laquelle après avoir été confondu de détournement de matériaux précieux, il a été condamné à l'exil, était chryséléphantine, c'est-à-dire en grande partie recouverte d'or et d'ivoire. On remarquera aussi que certaines spirales sur la robe de la Dame ressemblent à certains serpents lovés sur celle d'Athéna (voir la légende d'Erichthonios).

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