L'ODORAT

La lionne

Quant à ce magnifique plat d'or, intentionnellement présenté de biais et d'où les œillets devraient logiquement chuter, il doit s'agir d'une pièce de la vaisselle d'or et de vermeil que Mary a dû rendre et que François 1er a fait fondre avec tout le métal précieux qu'il a récupéré afin de couvrir les frais de sa campagne d'Italie. Il n'a pas paru nécessaire au peintre de dissimuler la qualité du métal comme il a été obligé de le faire pour transformer symboliquement une couronne royale en une simple couronne d'œillets.

Sur cette tapisserie, les armoiries d'Antoine LE VISTE, ceintes par le Lion héraldique, sont à l'envers. Ce n'est pas une erreur, ni de la part de l'artiste, ni du maître-lissier. Les armoiries n'ont pas été diffamées ; c'eût été possible mais trop visible en coupant la queue du Lion (quoique les Lions ne soient nulle part sur ces tapisseries comme tenants d'armoiries des LE VISTE). Elles ont été purement et simplement annulées. Les trois croissants et la bande d'azur n'existent que pour conserver l'équilibre artistique de cette tapisserie. Ils ne sont plus montants : ils ne représentent plus les armes de la famille LE VISTE.


 

 

Mary

par Jean Perréal

 

 

Pourquoi ce stratagème ? Ce Lion héraldique est une femme. Celle que le peintre et Antoine devaient certainement détester le plus à la Cour de France : Louise de Savoie, la mère de François 1er. Elle est cette lionne : longue crinière bien peignée en arrière, reins cambrés, bouche gourmande de recevoir des mains de Mary cette couronne de France. Elle va en ceindre la tête de la Dame de Compagnie, sa belle-fille, Claude de France.

La position de Mary semble avoir été inspirée du portrait qu'en fit en 1514, en Angleterre, Jean Perréal. Une intéressante miniature de ce temps relatant le couronnement de Mary d'Angleterre se trouve à la Bibliothèque Nationale. Au milieu de la couronne royale, trois lys en métal précieux. A droite, trois roses naturelles ; à gauche, trois œillets en fleurs naturelles.

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